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Manifeste,


 

L’association La Maison Mémérou a été fondée sur une interrogation. On ressentait déjà au tout début de ce projet que notre civilisation thermos/industrielle, néolibérale, techno-solutionniste, coloniale, patriarcale, blanche, bourgeoise et hégémonique était secouée par des crises de plus en plus fréquentes, profondes et systémiques. De toute évidence son diagnostic vital, sa pérennité même, semblait engagée.

On ne savait pas forcément très bien comment décortiquer tous les tenants et aboutissants de cette dystopie globale grandissante et notre tout premier réflexe a justement été de chercher à comprendre, d’interroger aux travers d’interviews, des personnes réputées être en capacité d’organiser nos réflexions.

Aujourd’hui toutes nos craintes semblent se confirmer, prendre corps et se radicaliser. Difficile de ne pas réaliser que l’occident est engagé dans un écocide délétère, dans une fascisation à marche forcée et un abandon systématique de toute moralité publique. Nous sommes au bord d’un effondrement du principe même de valeurs de référence ; c'est la porte ouverte au chaos relationnel et aux déchaînements violents. C'est à ce moment qu'une action culturelle devient sinon primordiale du moins indissociable de toute reconstruction.

Alors que pouvons-nous apporter de juste et significatif à notre échelle ? Il est clair que nous n’avons aucune réponse sérieuse à cette immense question. Au mieux propose-t-on des actions qui nous semblent pertinentes à un moment donné et on les interroge presque systématiquement pour les réadapter dans une actualité difficilement qualifiable en un mot, volubile peut-être? foisonnante ? cacophonique ? assourdissante ? saturée ? … Cependant, on tente désespérément d’atteindre une cohérence un peu globale et c’est bien là que la parole, les échanges de points de vue contradictoires et les propositions antagonistes doivent trouver des débouchés concrets. Tout gravite donc autour de l’oralité (écoute et verbalisation restauratives ayant valeurs de soin) comme clef de compréhension (pour réparation) du monde.

LMM est donc -au départ- un espace, un lieu tiers, conçu et pré-réalisé dans la maison de Cécilia et Michel-Marie comme fruit de ce projet d’ouverture culturelle à partager. Appelons-le tiers-lieu culturel -ou commun culturel- à faire vivre, à son échelle, par ses usagers et contributeurs potentiels et/ou de simples soutiens.
Bien sûr, cet espace s’est d’abord empli des apports liés aux compétences du couple fondateur et de son proche réseau. Il s’est proposé de faire des trous dans cette nuit qui avance. Pour laisser passer la lumière des contes de « la bavarde » qui interrogent poétiquement le réel, la rigueur d’interviews exigeantes et rigoureuses qui s’approche au plus près nos contradictions avec Pertusato, la magie de concerts qui ont plus ou moins tous maille à partir avec l’état du monde, la nécessité de rencontres avec le tissus associatif Stéphanois et enfin un engagement fort dans « La fête des Possibles » porté par le CTC 42. 

Et maintenant ? On le voit bien, ces efforts ont donné un élan … sans aucune garantie de durabilité. Le pari est-il gagné ou perdu ? Un commun (culturel aussi) c’est une ressource (elle existe), une communauté (des usagers et visiteurs sur site ou en ligne), et une gouvernance tournée vers la préservation de la ressource avec le plus grand soin de tous les ayant-droits (d’accès mais aussi d’apports croisés) … Il y a donc plusieurs cercles de sociabilité, c’est transparent et évolutif …

Le navire LMM est un peu frêle dans le gros temps, mais il a vocation à être consolidé par celles et ceux qui, localement ou virtuellement, ressentent le même appel du large.

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